Campanile de la cathédrale Notre-Dame de la Treille
47 cloches
carillon manuel + ritournelles automatiques

Au coeur du Lille ancien, la basilique Notre-Dame de la Treille, cathédrale depuis 1913, est construite sur l'emplacement d’une ancienne motte châtelaine appelée la " Mote Madame ", propriété du roi de France. Le site aurait porté le légendaire château du Buc. C'est là le berceau de Lille, le " castrum " du temps des invasions normandes dit la légende. En 1854, année du jubilé séculaire de la consécration de la ville à la Vierge par Jean le Vasseur, est posée la première pierre d'un rêve " néogothique " voulu par l'architecte Leroy et l'abbé Martin. L’édifice dont la façade ne sera achevée qu’en par un porche ultra-moderne,…. Face au portail Sud de la cathédrale, se dresse le campanile séparé de l'édifice. Cette tour provisoire haute de 35 m fut élevée afin d'abriter les cloches dont fut pourvue la basilique à l'occasion du solennel couronnement de la statue miraculeuse, le 21 juin 1874. Assise sur un banc d'argile est construite en briques la tour " provisoire " n'a qu'1 m à peine de fondations. La maçonnerie des quatre pignons et couronnés au sommet par un cordon de pierre blanche formant un élevé ter qui permettait de suivre un l'évolution des travaux de construction de la cathédrale.
Le beffroi abrite sur trois étages :

  • au premier étage : la sonnerie à la volée (6 cloches), le cylindre de ritournelles, le carillon (41 cloches) et son clavier. Le cylindre de ritournelles d’un diamètre de 92 cm est muni d'un moteur électrique. Il est percé de 5.000 ouvertures rectangulaires à l'intérieur desquelles sont placés les taquets aciers. Pour tenir compte du temps d'inertie lors de la frappe des battants extérieurs, certaines cloches souvent sollicitées sont dotées de deux, voire trois marteaux : 47 se répartissent sur les 24 cloches de la ritournelle (Sol3 à Fa#5). Au même étage, à mi-hauteur, se trouve le clavier du carillonneur.
  • au deuxième étage, on trouve les trois cloches aiguës de la sonnerie (Mi3, Sol3 et La3) installées selon un plan de balancement est-ouest ainsi que le carillon installé sur une charpente en bois à cinq fermes porteuses.
  • au troisième étage, les cloches graves de la sonnerie (La2, Si2 et Do#3) sont installées selon un plan de balancement nord-sud. En 1989, les anciens jougs droits en chêne des 3 bourdons ont été remplacés par des jougs cintrés en métal, diminuant ainsi nettement l'effort en volée. Inauguré le 19 novembre 1924, le carillon avait pour vocation de ressusciter la tradition de l'ancienne collégiale Saint-Pierre, détruite en 1793. La sonnerie fondue par Paul Drouot à Douai en 1874 était composée de 6 cloches dont 3 bourdons imposants, totalisant près de 10 t de bronze !
    La première des cloches, Marie-Pie de Notre-Dame de la Treille couronnée, évoque la solennité grandiose au cours de laquelle le cardinal Régnier, archevêque de Cambrai posa le 21 juin 1874 au nom du pape Pie IX le diadème sur le front de la madone lilloise.
    Réalisé par la fonderie douaisienne Wauthy en 1924, le carillon comptait alors 42 cloches (Sol3 à Do7), mais aujourd'hui le Sib fait défaut.

Frère jumeau du carillon de l'église du Sacré-Coeur de Lille, le carillon du beffroi de la Treille ne possède malheureusement pas les qualités de justesse indispensables à tout instrument de concert. De plus, une restauration sérieuse du clavier et des transmissions s'imposerait.
Le vieux cylindre de ritournelles continue de faire tinter toutes les heures le cantique marial : " Chez nous soyez reine ".