Cathédrale Saint-Jean-Baptiste
46 cloches
Instrument classé au titre des Monuments Historiques
carillon manuel + ritournelles automatiques

Expo_1878_couleur02Le 7 juin 1877, Amédée Bollée, fondeur au Mans, s’engage à fournir à la Fabrique de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan un carillon de 16 cloches. A ses frais, il complète cet ensemble de cloches d’un plus petit diamètre et d’un clavier breveté. Amédée Bollée compte présenter ce carillon à l’Exposition universelle qui se tiendra à Paris en 1878. Au Mans, durant l’hiver 1878, sous la directive d’Amédée Bollée, les ouvriers s’activent pour fondre les 46 cloches et fabriquer le clavier. Terminés à temps, le carillon et le beffroi quittent l’Avenue de Paris le 19 avril 1878 pour la capitale : "[…] jamais un carillon de 46 cloches n’aura été fait dans un si court espace de temps. Il est vrai que toutes les études en étaient faites." (Amédée Bollée, 30 janvier 1878). A Paris, du 1er mai au 31 octobre 1878, dans le parc du Champ-de-Mars, à la section Produits de l’exploitation des mines et de la métallurgie et au stand n°567, les visiteurs peuvent entendre le carillon tous les jours à 14 heures et à 16 heures dans le cadre de l’Exposition universelle. Lors de sa visite, le facteur d’orgues Aristide Cavaillé-Coll apprécie le travail d’Amédée Bollée et encourage la Fabrique de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste de Perpignan à acquérir la totalité des cloches. Quant à Pierre-Olivier Lebasteur, rapporteur des Produits de l’élaboration des métaux usuels, il souligne que "Les produits de [la Maison Ernest Bollée] se font remarquer par leur fini et leur netteté ; le moulage est fort bien soigné. Les cloches exposées étaient recouvertes de dessins en relief de bon goût et d’une parfaite exécution […]." Après l’Exposition universelle, le carillon est ramené au Mans pour être remonté provisoirement dans un clocher au fond du jardin familial des Bollée. En attendant, "[…] nous jouerons le carillon d’ici son départ qui sera le plus rapproché que je le pourrai." (Amédée Bollée, 16 décembre 1878) Le 8 mai 1879, le carillon est expédié à Perpignan par la voie du chemin de fer. Avant de prendre définitivement place avec le clavier coups de poings dans le clocher de l’église du Vieux-Saint-Jean aux alentours de 1885, les 46 cloches du carillon ont été bénites dans la nef de la cathédrale Saint-Jean-Baptiste par Monseigneur Emile Caraguel le dimanche 2 mai 1880 après les Vêpres. Jusqu’à l’électrification de l’instrument en 1956, tous les jours, le matin, à midi et le soir, les sacristains successifs s’installeront devant le clavier à bâtons pour carillonner la prière de l’angélus. Quant aux quatre sonneurs, ils feront retentir au pied la grande volée pour les sonneries cultuelles, festives ou commémoratives. En 1995-1996, le carillon, propriété de l’Etat, est restauré par l’entreprise France carillons d’Hérépian (Hérault). Eric Brottier, technicien-conseil pour le Ministère de la culture, est chargé de superviser ce chantier monument historique. Le 1er juillet 1996, cent onze ans après l’installation de cet ensemble campanaire de 46 cloches, Monseigneur André Fort nomme par ordonnance épiscopale les premiers carillonneurs. Depuis, chaque année, le carillon participe à la vie de l’ensemble cathédral et de la cité : Fêtes carillonnées, Grandes antiennes du temps de l’Avent, Cavalcade des Rois, Sant Jordi, Bénédiction du vin nouveau, Marché médiéval, Journées du patrimoine, Festival de musique sacrée, Festival musical régional, Festival international de carillon de Perpignan… Depuis le départ en retraite de Louis Ausseil, Elizabeth Graves Vitu et Laurent Pie, co-titulaires par ordonnance épiscopale de Monseigneur André Marceau, sont chargés de mettre en valeur cet instrument, tant sur le plan cultuel que culturel.

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Clocher_vue_a_rienne  Photo_Hannoteaux