Caril7_WEBCampanile de Notre-Dame de la Platé
33 cloches
carillon manuel

Ce carillon est animé régulièrement et sans interruption depuis 1847. Auditions : Tous les premiers dimanches du mois à 11 h, Carillons de la Saint Jean du 20 au 24 juin à 18 h 30, Fête de la Musique 21 juin à 20 h 30, Journée du Patrimoine (3ème W.E. de septembre) à 11 h 30, Concerts du Nadalet du 17 au 23 décembre à 18 h 30, de mai à septembre tous les jours à 11 h 45 (sauf dimanche).
Site web (URL) http://www.carillon.fr.fm
L'accès au clocher est libre lorsque chante le carillon (entrée au pied du clocher, derrière l’église, rue de la Platé). Pour des visites ponctuelles, vous pouvez également contacter directement le carillonneur Jean-Pierre CARME au 05.63 .74.87.60 ou 06.10.28.37.83 – courriel :
jpcarmefr@yahoo.fr
Intégré dans le circuit touristique de la ville, cet ensemble campanaire hors du commun se visite également, individuellement ou en groupe, par l’intermédiaire de l’Office de Tourisme de Castres : 06.63.62.63.62 

Description
Caril8_WEBCe carillon de 33 cloches (3 octaves), issu du premier carillon de 15 cloches de 1847, a été refondu et agrandi en 1976. Il faut gravir 120 marches pour accéder au clavier et à la salle des cloches, dont la plus ancienne, Louise, date de 1650. Ce carillon, l’un des plus anciens du sud de la France, chante sans interruption depuis 1847 grâce aux sept carillonneurs qui se succèdent à son clavier depuis cette date.
De l’ancien carillon, ne subsistent que deux cloches qui ont été conservées, toutes les autres proviennent de la fonderie Paccard d’Annecy.
Les quatre plus grosses sont équipées pour sonner en volée balancée, qui se pratique encore ici à l’aide de cordes qui descendent jusqu’au bas du clocher, par des trous pratiqués dans les marches de pierre de l’escalier à colimaçon. Aucune électrification, hormis l’éclairage, n’a été admise dans ce clocher où tout se pratique encore à la main, le carillonnage et les sonneries traditionnelles.
Le clavier de bois, situé sous les cloches, est doublé d’un pédalier d’une octave et demie.
La gestion et l’entretien de ce carillon sont assurés par l’Association "Vie du Carillon en Pays Tarnais ", qui s’occupe également des deux autres ensembles campanaires du département, N.D. de la Drèche, près d’Albi, et Gaulène, près de Valence d’Albi.

Le Nadalet
Le Nadalet, terme occitan que l’on pourrait traduire littéralement par " Petit Noël ", est une très ancienne tradition méridionale, remontant au XVIème siècle, qui consiste à sonner quotidiennement les cloches durant les jours précédant Noël.
On peut voir une corrélation entre cette pratique et les Grandes Antiennes chantées à la fin du temps de l’Avent, dont ces sonneries seraient le reflet sonore, puisque leur calendrier se calque exactement sur celui de ces chants.
Cette façon de sonner les cloches se pratiquait tous les soirs à la tombée de la nuit, à partir du 17 décembre (parfois du 13 décembre en certains endroits) jusqu’à la veille de Noël, et chaque carillonneur sonnait en fonction du nombre de cloches qu’il avait à sa disposition, souvent deux ou trois, rarement plus. Il se faisait souvent aider par les jeunes du lieu qui se retrouvaient au clocher dans la joie et la bonne humeur.
Cette tradition, encore bien vivante jusqu’au milieu du XXème siècle, s’est peu à peu perdue et a pratiquement disparu avec l’électrification des sonneries de cloches qui a remplacé progressivement les carillonneurs. Les installateurs de ces systèmes électriques ont superbement ignoré cette tradition en uniformisant les sonneries de cloches (offices, glas, angélus). Très souvent, après une électrification, les gens du lieu ne reconnaissaient pas leurs cloches, ne savaient plus interpréter le message qu’elles étaient censées leur transmettre.
Toutefois, depuis quelques années, en des villages et villes, rares et privilégiés, le Nadalet refait timidement surface et sonne à nouveau grâce à une prise de conscience des carillonneurs qui l’ont remis au goût du jour. Egalement, la technique électronique moderne permet à présent de programmer ce que l’on souhaite et il est possible à présent de prévoir des sonneries du Nadalet.
Cette belle coutume, telle qu’elle est pratiquée à Castres, a même été " exportée " vers le Nord de la France, et même en Belgique où certains carillonneurs l’ont adoptée.

Un soir de Nadalet à Castres…
A Castres, où le Nadalet se pratique depuis 1639, il se déroule, dans sa forme actuelle qui remonte à 1847, de la façon suivante :
Tous les soirs, à 18 h 30, du 17 au 23 décembre, on commence par faire une grande volée sur les quatre plus grosses cloches que l’on balance à l’aide de cordes depuis le bas du clocher, on appelle cela le " grand balandran ". Au bout d’un quart d’heure, on arrête la sonnerie en ne conservant que la volée de la plus grosse cloche, " Dame Louise ", qui continue à se faire entendre solitaire dans la nuit.
Le carillonneur commence l’ascension du clocher en tirant sur la corde de la cloche à chaque tour d’escalier pour maintenir son balancement.
Arrivé sous la " Louise " en mouvement au-dessus de sa tête, il ralentit peu à peu le mouvement afin d’arriver à faire frapper le battant sur un seul côté de la cloche, et ce, neuf fois de suite, symbolisant ainsi les trois fois trois coups de l’Angélus. Et après le neuvième coup, il doit arrêter la cloche.
Caril9_WEBPuis, s’installant devant le grand clavier de bois, il joue le premier morceau que l’on appelle le " Nadal comptador " (prononcer : countadou), qui servira soir après soir à décompter le nombre de jours nous séparant de Noël. Il est joué huit fois le premier jour, sept fois le second, six fois le troisième, et ainsi de suite jusqu’à la veille de Noël.
Et enfin, sont interprétés au carillon une multitude de cantiques de noël durant une demie heure environ. Le répertoire des chants de noël des carillonneurs de Castres est riche de plus de deux cents airs différents, ce qui permet de varier afin de ne pas jouer les mêmes.
Au bas du clocher, les auditeurs nombreux et fidèles vont, à la fin du concert, rentrer chez eux en fredonnant souvent ce qu’ils viennent d’entendre, et se souhaiter le bonsoir en se disant " à demain soir "…
Et ainsi, le chant des cloches qui s’est envolé dans la nuit, lancé du haut du clocher, nous laisse entrevoir l’arrivée imminente de Noël et nous redit ce message quelque peu oublié " Paix sur la terre aux hommes de bonne volonté "…