Beffroi de l'hôtel de ville
inscrit par l'UNESCO au Patrimoine mondial de l'humanité le 15 juillet 2005
40 cloches - 5.727 kg
clavier piano (carillon électrifié) + ritournelles automatiques

arraspttLe 2 octobre 1541, on comvint Jacques Halot, habile horloger d’Arras, " d'ajouter une horloge à ce beffroi avec des touches pour y jouer des airs de musique à plusieurs parties". On y plaça plus tard la belle et grosse cloche connue sous le nom de "Joyeuse". En 1554 la municipalité rétribuait des musiciens, un trompettiste et trois hautboïstes, pour "sonner tous les matins à l'heure d'ouverture des portes de l'hôtel de ville et le soir celle de leur fermeture". Ce fait tend à démontrer que la ville d’Arras ne possédait pas encore à cette époque de carillon digne de ce nom. Les archives nous apprennent encore, sans plus de précision, qu'en 1695 le beffroi fut enrichi d'un carillon de 24 cloches. Épargnée par les sièges du siècle de Louis XIV, ayant in extremis conserver sa couronne dans la tourmente révolutionnaire et à la barbe des sans-culottes, la tour emblématique va subir les outrages des intempéries. Battue par la pluie et le vent, la pierre blanche de Ronville n'est pas éternelle. Sous la Restauration, le beffroi menaçant ruine, le conseil municipal décidait en 1832 la démolition de sa partie supérieure. Le 6 mai 1839 le maire Maurice Colin posait la première pierre de travaux de rénovation à 36 m au-dessus des pavés de la place. L'ancien carillon existait-il encore ? Nous savons seulement que la ville décide d'installer dans le beffroi restauré un "ensemble de cloches accordées à différents tons". Elle en passe commande à un facteur de piano arrageois dont les mélomanes ne connaissaient pas encore l'homonyme allemand Richard Wagner. Installé en 1843, il tinte sa ritournelle "Fra diavolo " pour la cérémonie inaugurale. Cependant, il ne reste rien de cet instrument d'origine. L'hôtel de ville auquel le beffroi est intégré fut lui-même entièrement détruit par un incendie déclenché lors du terrible bombardement du 8 octobre 1914. Le beffroi, resté intact, s'effondrera le 31 du même mois à la suite d'un nouveau bombardement qui ne correspondait plus à une opération militaire dont Arras fut l'enjeu.

Sans doute, constituait-il un bon poste d’observation, pourtant bien d'autres points de la ville en offraient d'équivalents… Tels qu'il s'élèvent actuellement, l'hôtel de ville et son beffroi ont été reconstruits dès 1924 sous la direction de Pierre Paquet, inspecteur général des monuments historiques, sur des plans respectant le mieux possible les dispositions de l'ancien édifice. Ils s'imposent au coeur d'un écrin architectural composé par les deux places aux magnifiques arcades et façades de style renaissance flamande. Le carillon, fondu par Louis Bollée à Orléans en 1930, compte 37 cloches fixes auxquelles s’ajoutent 3 cloches de volée portant chacune un élément de la devise républicaine : " Liberté ! Égalité ! Fraternité ! ". L'instrument est disposé sur un beffroi métallique à sept niveaux extrêmement ramassé, autrefois relié au clavier du carillonneur situé à l'étage inférieur ainsi qu'au cylindre de ritournelle situé deux étages plus bas. En poursuivant la visite en descendant, on trouve le cadran de l'horloge puis les 3 cloches de volée disposées sur un beffroi en bois à deux niveaux. Inauguré par Maurice Lannoy, il tintera de nouveau "Fra diavolo " mais tombera dans l'oubli des l'après-guerre. Une restauration récente permet d'entendre à l’heure’ une chanson arrageoise bien connue en pays d'Artois : "Iras-tu vir e’l fête d’Arras ? ". Elle a également remis en service un clavier de type " piano " qui actionne le carillon par des relais électriques...