Beffroi de l'hôtel de ville
inscrit par l'UNESCO au Patrimoine mondial de l'humanité le 15 juillet 2005
35 cloches - 5.194 kg
Instrument classé au titre des Monuments Historiques
carillon manuel + ritournelles automatiques

bailleulSNCFDe l'édifice construit au XIIe siècle et remanié de nombreuses fois, demeure à la base du beffroi le reste de quelques pans de maçonnerie qui constituent la très belle salle gothique. Détruit en 1918 par les Allemands en retraite, l'hôtel de ville est alors reconstruit et doté d'une tour aussi importante que la précédente.

Le premier carillon ou "jeu de cloches bailleulois" date de 1412. Bailleul en a sans doute connu un certain nombre en raison des nombreux incendies qui ont détruit tout ou partie de la ville en 1436, 1502, 1582 et 1681... Les renseignements précis relatifs au carillon qui a précédé celui qui est en place aujourd'hui permettent de dire qu'il a été fondu par Antoine Bernard de Neufchâteau (Vosges). Deux motifs décidèrent le magistrat de la ville de Bailleul à établir un carillon. D'une part des travaux au beffroi étaient urgents : pour une raison inexpliquée, le 10 avril 1710 vers les neuf heures et demie du matin, le contrepoids du tambour de l'horloge se détache, s'enfonce à travers la voûte du comptoir du présidial et vient retomber lourdement sur une seconde voûte. D'autre part, une magnifique occasion se présentait d'acheter à un prix modique du métal de cloche : " le magistrat ayant eu connaissance qu'ils pourraient acquérir une pièce d'un canon de métal à présent à West-Outre pour douze pattars la livre, argent ayant cours à Ypres, et qu'il convient d'avoir quelques cloches pour annoncer l'heure ; vu qu'il est d'un prix fort bas, été résolu d'en faire marché sur l'approbation de monseigneur l'intendant, de la même pièce, et à cette fin a comis le sieur advoué ". En 1717, Antoine Bernard livrera un premier carillon qu'il fallut refondre entièrement : il était faux ; la version de 1718 qui comptait 33 cloches comprenait vraisemblablement un do3, un mi3 puis une suite chromatique. Ce carillon sera inauguré par les maîtres carillonneurs Léonard Hornart, Théodore Roussel, Jean Billon et François Frison. Le 27 mars 1918, un obus allemand tiré de la région de Presmesques éventre le beffroi de bas en haut ; quelques jours plus tard, les batteries alliées terminent l'œuvre de l'ennemi et réduisent l'édifice en un énorme tas de pierres (l'obus destructeur de 1918 est toujours visible au musée de Bailleul). En 1931, une commission est nommée pour l'étude et la mise en place d'un nouveau carillon qui sera commandé, sur les conseils de Jef Denijn, au fondeur Michiels de Tournai et inauguré en 1932. La plus grosse cloche du carillon porte cette inscription : " Avec mes 34 sœurs je remplace dans le beffroi le carillon de 33 cloches qui fut coulé en 1717par Antoine Bernard, fondeur à Neufchâteau en Lorraine, et qui fut anéanti le23 mars 1918par l'artillerie...". Elle porte également un poème : "Je suis la voix du souvenir. celle aussi de l'avenir. Au soleil de la résurrection, dans l’attachement fidèle aux traditions dans l'entraide et l'Union dans la fécondité du travail et des berceaux dans le bonheur des foyers et l'Union de la Patrie". Disposées sur un beffroi en bois, les 8 premières cloches se situent derrière une série de quatre abat-sons, entre l’horloge à contre-poids et ses cadrans et l'étage de commande (cylindre de ritournelle et clavier du carillonneur). Les 27 cloches suivantes, disposées sur un beffroi en bois à cinq niveaux, se situent au premier campanile du beffroi. Le carillon, hors-service pendant de nombreuses années, a enfin été restauré au cours de l’année 2007. L’ensemble formé par le cylindre de ritournelle, le clavier et les cloches est protégé au titre des Monuments Historiques depuis le 30 mars 1992.