Tour abbatiale
48 cloches - 7.500 kg
carillon manuel + ritournelles automatiques

stamand_nbSaint-Amand-les-Eaux, ville d'eau, était déjà fréquentée par les Romains qui y créèrent des thermes en 50 avant Jésus-Christ. La ville doit son nom au moine Amand, évêque de Maastricht. Missionnaire et fondateur d'abbayes il reçut du roi Dagobert vers l'an 633-639 " un lieu situé entre les deux rivières de la Scarpe et de l’Elnon afin d'y étendre le culte libre (charte de fondation de l'abbaye) ". Amand y éleva deux Oratoires, puis un monastère qui prit le nom d’Elnon, où il mourut vers l'an 670-675. Ce fut là l'origine de la ville qui ne prit que bien plus tard son nom de Saint-Amand-en-Pévèle (in pabula : dans un pays de pâturages). La ville et l'abbaye connurent les vicissitudes de maintes cités du Moyen Âge, du pillage intégral au massacre des moines en passant par des incendies meurtriers... Au XVIIe siècle, le monastère fut entièrement rebâti avec magnificence par Nicolas du Bois, 76e abbé d’Elnon. Seuls deux importants vestiges de cette abbaye qui comptait parmi les plus imposante du Septentrion ont été épargnés par les révolutions et les guerres : la tour et l'échevinage. Aujourd'hui, le porche et la tribune de la tour abritent le musée municipal contenant des collections de faïences, de peintures et de sculptures amandinoises. L’édifice se compose de trois parties distinctes mais collées.La partie centrale haute de 80 mètres est divisée en étage sans communication. L’escalier se trouve dans une tourelle latérale communiquant avec la tour principale par une passerrelle qui offre une vue imprenable sur la ville. Les différents éléments de l'ensemble campanaire se trouvent répartis dans la tour, de la chambre des sonneurs ou lanternon. À l'étage des bourdons, on trouve Amanda, seule rescapée de la période révolutionnaire. Fondue en 1639 elle sonne le La2 aux différentes heures de la journée. D'un diamètre de 190 cm pour une épaisseur à la pince de 14 cm, elle pèse environ 4,5 tonnes. Quatre à huit sonneurs étaient nécessaires pour sa mise en mouvement. En poursuivant l'ascension, nous passons les quatre cadrans (à deux aiguilles depuis 1875 seulement), dans la salle subsiste encore la roue de hissée des cloches qui fut encore utilisé lors de la restauration du carillon en 1988. Un dernier escalier aboutit, après 365 marches depuis le bas de la tour, à la cabine du carillonneur située à l'aplomb du carillon et contenant le quatrième clavier construit depuis l'origine du carillon de Saint-Amand ainsi que l'horloge en service aujourd'hui. Les archives les plus anciennes sur le carillon décrivent l'ouvrage de Barbieux, fondeur de Tournai, qui vint couler les 38 cloches au pied de la tour en 1784-stamanddessin1785. En 1931, à l'occasion d'une restauration partielle, le fondeur Michiels, Tournaisien lui aussi, ajoute 12 cloches. En 1945-1950, Alfred Paccard fournit un nouvel instrument reprenant uniquement deux cloches Barbieux et deux cloches Michiels. En 1984, le carillon est agrandi par l’adjonction d’un Fa#3 fondu à Villedieu-les-Poëles par Cornille-Havard. Il est restauré en 1988 par le fondeur Eijsbouts. Après le moine Ambroise Gatte, carillonneur jusqu'à la révolution, ce sont les descendants de Jean-Baptiste Gelatte, la famille Lannoy qui animèrent le carillon. Depuis la révolution jusqu'à aujourd'hui, les Amandinois ont entendu le carillon sonner chaque jour à midi de main d'homme (et de femme !) " Afin d'avertir les ouvriers et laboureurs de l'approche de l'heure du repas). La ville de Saint-Amand-les-Eaux a offert au milieu campanaire un grand nombre de talents parmi lesquels quatre interprètes de la jeune génération de Maître-Carillonneurs.